Actualité, 2026-10-30
Private equity et assurance : ce que la déclaration de l'EIOPA signifie pour le Luxembourg
L'EIOPA a publié le 6 octobre 2026 sa déclaration sur les assureurs liés au private equity. Selon Paperjam, 16 % du marché luxembourgeois serait concerné.
Le 6 octobre 2026, l'Autorité européenne des assurances (EIOPA) a publié sa déclaration de surveillance sur les assureurs et réassureurs liés au private equity. Statut : texte final, adressé aux superviseurs nationaux. Ce n'est pas une loi directement applicable aux acheteurs.
La consultation s'était tenue du 3 février au 30 avril 2026.
Pourquoi le Luxembourg est concerné
Dans un article de juillet 2026, Paperjam reprend des données selon lesquelles environ 16 % du marché luxembourgeois est lié à des investisseurs de private equity. C'est le même niveau que le Portugal, derrière la Grèce (20 %). La moyenne européenne est de 2,4 %.
Ces données indiquent aussi, pour l'Union européenne :
- 37 prises de contrôle d'assureurs entre 2014 et 2024 ;
- 26 assureurs encore liés à une vingtaine de groupes fin 2024 ;
- 260 milliards d'euros d'actifs gérés par ces sociétés.
Nous n'avons pas retrouvé le chiffre de 16 % dans les résumés juridiques du texte final. Il doit donc être lu comme une donnée rapportée par Paperjam.
Ce que les superviseurs devront examiner
Selon l'analyse du cabinet Skadden, les autorités nationales sont invitées à regarder :
- le modèle d'activité après l'acquisition, avec un plan d'au moins trois ans ;
- l'horizon d'investissement, comparé aux engagements envers les assurés, et les stratégies de sortie ;
- la transparence des structures de détention ;
- les conflits d'intérêts et les contrats entre sociétés liées ;
- les actifs illiquides et la réalité du transfert de risque en réassurance ;
- le financement complet de l'opération, lorsque la dette hors de l'Espace économique européen peut peser sur l'assureur.
Le texte final est jugé plus nuancé que la version de consultation. L'examen doit tenir compte du modèle d'activité et du profil de risque de chaque société.
Ce que cela change pour un courtier
- Aucune obligation nouvelle directe n'apparaît pour les courtiers : le texte s'adresse aux superviseurs et concerne les assureurs et réassureurs.
- Les changements d'actionnaire peuvent être examinés plus en détail, ce qui peut influencer les délais de certaines opérations.
- Lors du choix d'un partenaire, il reste utile de connaître l'actionnariat de la compagnie et de consulter ses publications de solvabilité. Cela ne constitue pas un jugement sur la qualité d'un assureur.